mardi 31 janvier 2012

Mozart



Quelques extraits où Mozart est décrit par ses contemporains :

"Mozart était l'homme le plus aimable du monde et, quand il voyait qu'on possédait l'intelligence de son art, il jouait pendant des heures pour l'homme le plus insignifiant et le plus inconnu. Avec une attention encourageante, il écoutait les essais des jeunes artistes et éveillait par une aimable parole d'approbation la conscience de soi-même qui sommeille. [...] Mozart était un ami des hommes, et désintéressé au plus haut degré. Aussi n'amassa-t-il pas de fortune. Vivant tout entier dans le royaume de sons, il attachait peu de valeur à l'argent et aux autres biens. Aussi travailla-t- il souvent pour rien, par plaisir ou pour faire le bien. Toute virtuose voyageur était certain, s'il pouvait se recommander à lui par le talent ou la moralité, d'en obtenir une oeuvre pour soi. C'est ainsi qu'ont été composés bien des Concertos pour divers instruments, et une foule d'oeuvres pour chant."
Franz Niemtschek (1798)
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"Tous les premiers interprètes avaient l'avantage d'avoir étudié eux-mêmes avec le compositeur qui transfusait ses intentions dans leurs âmes. Je n'oublierai jamais son visage peu animé, qui était illuminé par les éclairs brûlants du génie ; cela est aussi impossible à décrire que de vouloir peindre les rayons de soleil."
O'Kelly
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"A la fin de l'opéra (Le Nozze di Figaro), je crus que les spectateurs ne cesseraient pas d'applaudir et d'appeler Mozart. Tous les numéros furent bissés, ce qui fit durer la représentation presque aussi longtemps que celle de deux opéras, et engager l'empereur à décider qu'à la seconde représentation, aucun morceau ne serait répété. Jamais il n'y eut plus complet triomphe que celui de Mozart et de ses Nozze di Figaro.
O'Kelly
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Le 17 janvier 1787, Mozart assiste au théâtre de Prague à la reprise de ses Nozze di Figaro. A son entrée dans la salle, il est salué par des applaudissements tels qu'il n'en avait jamais autant entendus de sa vie. Trois jours plus tard, on redonne encore les Nozze de Figaro ; cette fois c'est Mozart lui-même qui dirige l'orchestre, et l'enthousiasme du public ne connaît plus de bornes. Le triomphe est quasi sans précédent dans les annales de la ville.

"Jamais encore on n'avait vu le théâtre si plein de monde, jamais un ravissement aussi puissant et unanime que celui éveillé par son jeu divin. Nous ne savions, en effet, ce que nous devions le plus admirer : de sa composition extraordinaire ou de son jeu extraordinaire. L'un et l'autre firent sur nos âmes une impression d'ensemble semblable à un charme suave."
Niemtschek
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A la fin du concert, Mozart improvisa sur le piano-forte pendant une bonne demi-heure et éleva au plus haut degré l'enthousiasme des Bohémiens ravis. Ces applaudissements tempétueux le contraignirent à revenir au piano-forte. Le flux de ces nouvelles improvisations fit encore plus d'effet et eut pour résultat d'enflammer littéralement l'auditoire. Mozart reparut de nouveau. Son visage rayonnait du bonheur qu'il éprouvait à constater les marques d'enthousiasme données à son art. Il recommença avec plus d'entrain encore et exécuta des choses inouïes devant un public pour la troisième fois au comble de l'enthousiasme ; soudain une voix jaillit de la foule attentive : Figaro ! Alors il commença sur le motif de l'air favori "Non più andrai" une douzaine de merveilleuses variations improvisées. C'est là-dessus que se termina, au milieu des ovations délirantes de l'auditoire, ce concert magnifique, pour lui le plus triomphal de sa vie et, pour les Bohémiens enivrés, le plus délectable."

Un contemporain, cité par Stiepanek en 1825
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"... Ce fût là, pour moi, une réalisation de tout autre nature que celles que j'étais accoutumé à entendre. Les maîtres les plus accomplis de la musique, eux-mêmes, ne pouvaient se lasser d'admirer le vol hardi de son inspiration montant jusqu'aux plus hautes régions puis redescendant aux profondeurs de l'abîme. Aujourd'hui encore, vieillard comme je suis, j'entends résonner en moi ces inépuisables harmonies célestes et j'emporterai dans la tombe l'absolue conviction que Mozart était un être unique."
Un contemporain
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Ces mots sont écrit par Joseph Haydn lequel Mozart considérait et aimait comme son père :

"...Si seulement je pouvais graver dans l'esprit de tout ami de la musique, mais surtout dans l'esprit des puissants de cette terre, les inimitables travaux de Mozart, les leur faire entendre avec la compréhension musicale et l'émotion que j'y apporte moi-même, par Dieu, les nations rivaliseraient pour avoir ce joyau chez elles. Prague doit particulièrement s'efforcer de ne pas le laisser échapper, en l'enchâssant comme il le mérite. La vie des grands génies est trop souvent attristée par l'insouciante ingratitude de leurs admirateurs. Je m'étonne que Mozart, cet être unique, ne soit pas encore appointé dans une Cour impériale ou royale. Pardonnez-moi si je déraille : j'aime trop cet homme !"
Joseph Haydn, 1787
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A la fin, quelques phrases que Mozart a écrites :"Le vrai génie sans coeur est un non-sens. Car ni intelligence élevée, ni imagination, ni toutes deux ensemble, ne font le génie. Amour ! Amour ! Amour ! Voilà l'âme du génie."
Mozart, 11 avril 1787
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... vivre autant d'années qu'il sera nécessaire, jusqu'à ne plus pouvoir faire absolument rien de neuf en musique ..."
Mozart à l'âge de vingt et un ans
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"Quelle est au juste ma façon de composer, quand il s'agit d'un travail important et sérieux ? - J'ai beau chercher, je n'arrive pas à trouver mieux que ceci : quand je suis en forme, et en bon état physique, assis dans une voiture en voyage ou en me promenant après un bon repas, ou la nuit si je n'arrive pas à dormir, c'est alors que les idées me viennent à torrents, le plus volontiers. D'où ? comment ? je n'en sais rien ; je n'y peux rien. Je garde celles qui me plaisent dans ma tête et je me les fredonne - c'est ce que les autres m'affirment, en tout cas. Si je m'y attache, alors peu à peu il m'apparaît comment m'y prendre pour faire un ensemble cohérent avec ces fragments, suivant les exigences contra-puntiques ou les timbres des instruments, etc. Mon cerveau s'enflamme, surtout si on ne me dérange pas. Ça pousse, je le développe de plus en plus, toujours plus clairement. L'oeuvre est alors achevée dans mon crâne, ou vraiment tout comme, même si c'est un long morceau, et je peux embrasser le tout d'un seul coup d'oeil comme un tableau ou une statue. Dans mon imagination, je n'entends pas l'oeuvre dans son écoulement, comme ça doit se succéder, mais je tiens le tout d'un bloc, pour ainsi dire. Ça, c'est un régal ! L'invention, l'élaboration, tout cela ne se fait en moi que comme un rêve magnifique et grandiose, mais quand j'en arrive à super-entendre ainsi la totalité assemblée, c'est le meilleur moment. Comment se fait-il que je ne l'oublie pas comme un rêve ? c'est peut-être le plus grand bienfait dont je doive remercier le Créateur."
Mozart


Publié par Méditation spontanée

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