mercredi 25 janvier 2012

Molière

Molière est né dans une famille de la grande bourgeoisie. Son père, Jean Poquelin, était le tapissier officiel du Roi, titre que l'on pourrait traduire aujourd'hui comme décorateur des résidences royales. Jean Poquelin a souhaité que son fils reçoive l'éducation la plus élevée de l'époque, au collège de Clermont d'abord, et à l'université d'Orléans ensuite, pour suivre des études de droit. Son père le laisse poursuivre sa vocation artistique et c'est ainsi que Molière fonde une troupe de théâtre, à l'âge de 21 ans. Il parcourt la province et se fait reconnaître très vite comme le plus grand acteur du pays. Son intelligence, sa culture et son éducation lui permettent d'être accueilli par les grands princes du Royaume qui apprécient sa compagnie.

Lorsqu'il retourne à Paris, après douze années de tournée en province, Molière devient le protégé du frère du Roi. Sa première pièce à Paris, les « Précieuses Ridicules » émerveille Louis XIV. Le Roi admire Molière à tel point qu'il en fait presque son ami. Il apprécie la justesse de vue et la grande sincérité de l'artiste qui disait de lui-même : « Etre franc et sincère est mon plus grand talent ». Louis XIV donne à la troupe de Molière le titre de « Troupe Royale ».

Par ses comédies, Molière voulait guérir les défauts humains :

« Sans nous les hommes deviendraient malsains,
Et nous sommes leurs grands médecins »

Il rencontra une opposition féroce, des nobles de la Cour qui se voient caricaturés et de l'Eglise qui ne digère pas le « Tartuffe ». Pourtant, à chaque difficulté, Louis XIV lui assure un soutien indéfectible. Il devient le parrain de son fils pour faire taire les rumeurs d'un fils adultérin. Il lui commande un spectacle lorsqu'il s'aperçoit que Molière est triste et a besoin d'aide.

Tout au long de sa vie, Molière fit preuve d'un très grand esprit de responsabilité envers sa troupe qui dépendait entièrement des recettes du théâtre. Il mourra presque sur scène en jouant la « Malade Imaginaire » car, bien que très malade, il considérait de son devoir d'être sur scène, quand cinquante famille vivaient des recettes de son théâtre.

Aucun écrivain n'est aussi connu à l'étranger que Molière. Le français est d'ailleurs qualifié de langue de Molière, tant ce géant du 17ème siècle incarna le « Grand siècle » de l'Histoire de France.

Molière était bien plus qu'un petit saltimbanque ...

Et que dire de Louis XIV, souvent caricaturé comme le parangon de l'Ego français, qui a tant aimé Molière et lui a permis, par sa protection, de réaliser tous ses chefs d'oeuvres. Les personnalités ne sont pas univoques. Le Grand Siècle fut possible grâce à Louis XIV qui voulait donner un essor aux arts pour la grandeur du pays. Jamais la France n'influença autant l'Europe par ses grands architectes classiques comme le Vau, créateur de Vaux le Vicomte et de Versailles, par ses jardins à la française conçus par Le Nôtre et par son théâtre.

Louis XIV se lança dans une série de guerres qui furent nuisibles au pays. Il avait les moyens d'étendre les frontières du Royaume, tant la France était riche, puissante et peuplée. Mais l'un des plus grands généraux de l'Histoire mondiale, le Prince Eugène, commandait les armées de l'Empire Austro-Hongrois pour contenir l'expansionnisme français (au côté de Marlborough, le célèbre général anglais). Pourtant, très jeune, le Prince Eugène avait fait candidature pour servir les armées du Roi de France. Louis XIV refusa de l'enrôler et déclara, dans un moment de lucidité, « Ai-je fait la plus grande bévue de ma vie ? »

Voici une certaine idée du Grand Siècle.



Publié par Méditation spontanée

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