Alors Almitra dit, Parle-nous de l'Amour. Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s'étendit sur eux. Et d'une voix forte il dit : Quand l'amour vous fait signe, suivez le. Bien que ses voies soient dures et rudes. Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui. Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser. Et quand il vous parle, croyez en lui. Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins. Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier. De même qu'il vous fait croître, il vous élague. De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil, Ainsi il descendra jusqu'à vos racines et secouera leur emprise à la terre. Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui. Il vous bat pour vous mettre à nu. Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce. Il vous broie jusqu'à la blancheur. Il vous pétrit jusqu'à vous rendre souple. Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu. Toutes ces choses, l'amour l'accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie. Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour. Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l'amour vous moissonne, Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes. L'amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même. L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé. Car l'amour suffit à l'amour. Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, "Dieu est dans mon cœur", mais plutôt, "Je suis dans le cœur de Dieu". Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour car l'amour, s'il vous en trouve digne, dirige votre cours. L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir. Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu'ils soient ainsi : Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit. Connaître la douleur de trop de tendresse. Etre blessé par votre propre compréhension de l'amour ; Et en saigner volontiers et dans la joie. Se réveiller à l'aube avec un cœur prêt à s'envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d'amour ; Se reposer au milieu du jour et méditer sur l'extase de l'amour ; Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude ; Et alors s'endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.
L'AMOUR
L'amour triomphe dans un jardin ou dans un désert non encore foulé.
L'amour notre seigneur et notre maître. [...]
Lorsque la main d'un homme effleure la main d'une femme, tous deux touchent à l'éternité.
L'amour est la seule fleur qui croît et qui fleurit sans l'aide des saisons.
L'amour est la seule liberté qui soit au monde, car il élève si haut l'esprit que les hommes et les phénomènes de la nature ne peuvent altérer son cours.
Ne croyez pas que vous pouvez diriger le cours de l'amour. Car si l'amour vous trouve dignes, lui-même guidera votre coeur.
L'amour qui ne se renouvelle pas tous les jours devient habitude et tombe en esclavage. [...]
L'amour n'a point d'autre désir que de s'accomplir.
Lorsque vous aimez, ne dites pas Dieu est en mon coeur, mais plutôt je suis dans le coeur de Dieu.
Alors que mon ami dépassait un groupe d’éléphants, il
s’arrêta soudain, comme frappé par le fait que ces énormes créatures n’étaient
retenues que par une simple corde attachée à la patte. Il était évident que ces
éléphants pouvaient s’en libérer quand ils le voulaient, mais pour quelque
raison que ce soit, ils ne le faisaient pas. Mon ami aperçut un cornac à
proximité et lui demanda pourquoi ces beaux, ces magnifiques animaux restaient
là simplement, et n’essayaient même pas de s’enfuir.
"Et bien" dit-il, "quand ils
sont très jeunes et donc beaucoup plus petits, nous utilisons une corde de même
dimension pour les attacher et à cet âge, c’est bien suffisant pour les retenir.
Et lorsqu’ils grandissent, ils continuent à croire qu’ils ne peuvent pas la
casser. Ils croient que la corde peut encore les retenir et donc ils n’essaient
jamais de la rompre pour s’échapper".
Mon ami était stupéfait. Ces
animaux pouvaient à tout instant se libérer, mais parce qu’ils pensaient qu’ils
ne le pouvaient pas, ils restaient collés là où ils étaient. La puissante et
gigantesque créature limite ses possibilités présentes à cause des limitations
liées à son passé.
Comme ces éléphants, combien d’entre nous basent leur
vie entière sur le fait qu’ils ne peuvent pas réussir quelque chose, simplement
parce qu’ils ont échoué une fois par le passé ? Combien d’entre nous refusent
d’entreprendre quelque chose de nouveau et de difficile seulement à cause de ce
qu’on appelle un conditionnement ?
Tout conjugue le verbe aimer.
Voici les roses.
Je ne suis pas en train de parler d'autres choses.
Premier mai !
L'amour gai, triste, brûlant, jaloux,
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
L'arbre où j'ai, l'autre automne, écrit une devise,
La redit pour son compte et croit qu'il l'improvise ;
Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;
L'atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
Des déclarations qu'au Printemps fait la plaine,
Et que l'herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
A chaque pas du jour dans le bleu firmament,
La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise
Envoie au renouveau ses baisers odorants ;
Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,
Dont l'haleine s'envole en murmurant : Je t'aime !
Sur le ravin, l'étang, le pré, le sillon même,
Font des taches partout de toutes les couleurs ;
Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
Comme si ses soupirs et ses tendres missives
Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,
Et tous les billets doux de son amour bavard,
Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
Tout semble confier à l'ombre un doux secret ;
Tout aime, et tout l'avoue à voix basse ; on dirait
Qu'au nord, au sud brûlant, au couchant, à l'aurore,
La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants,
Répètent un quatrain fait par les quatre vents.
Metta Sutta (Sutta Nipata, 1,8)
- Paroles du Bouddha sur la bienveillance -
Traduction par Jeanne Schut du Metta Sutta publié par le Devon Vihara, G.B.
http://www.dhammadelaforet.org/
Voici comment devrait se comporter
Celui qui a développé des qualités de bonté
Et qui connaît la voie de la paix :
Qu'il soit appliqué et droit,
Direct et doux dans ses paroles.
Humble et sans prétention,
Satisfait et aisément contenté.
Qu'il ne se laisse pas submerger par les obligations et demeure frugal.
Paisible et calme, sage et habile
Sans orgueil par nature, il n'a pas d'exigences.
Qu'il ne fasse pas la moindre chose
Que les sages pourraient, plus tard, condamner.
Il fait le souhait : « Prenant refuge dans la bonté,
Que tous les êtres soient en paix.
Que tous les êtres vivants, quels qu'ils soient —
Les faibles comme les forts, tous sans exception,
Les grands et les puissants, les moyens et les petits,
Visibles et invisibles, proches et lointains, nés et à naître —
Que tous les êtres soient en paix !
Que nul ne trompe autrui, ni ne méprise aucun être, quel qu'il soit.
Que nul, par colère ou aversion, ne souhaite de mal à autrui. »
Tout comme une mère, au péril de sa vie,
Protège son enfant, son enfant unique,
Ainsi doit-on, avec un cœur ouvert à l'infini
Chérir tous les êtres vivants,
Rayonner la bienveillance envers le monde entier :
L'étendre vers le haut jusqu'aux cieux
Et vers le bas jusqu'aux profondeurs ;
Vers l'extérieur, sans limites,
Libre de toute haine et de toute aversion.
Que l'on soit assis, debout, en marche ou couché,
L'esprit éveillé, on doit toujours être fidèle à ce souhait.
C'est ce que l'on appelle « demeurer dans le Sublime ».
En ne s'attachant pas à des idées figées,
Celui qui a le cœur pur, voyant les choses clairement,
Etant libéré de tous les désirs sensoriels,
Ne reprendra plus naissance dans ce monde.
A la caisse d'un super marché une vieille femme
choisit un sac en plastique pour ranger ses achats. La caissière lui a alors
reproché de ne pas se mettre à « l'écologie » et lui dit :
"Votre génération
ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont
payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources!
"
La vieille femme s'est excusée auprès de la caissière et a expliqué
:
" Je suis désolée, nous n'avions pas de mouvement écologique dans mon
temps."
Alors qu'elle quittait le magasin, la mine déconfite, la
caissière en rajouta :
" Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes
les ressources à notre dépens. C'est vrai, vous ne considériez absolument pas la
protection de l'environnement dans votre temps! "
La vieille dame admît
qu'à l'époque,
On retournait les bouteilles de lait, les bouteilles de
Coke et de bière au magasin. Le magasin les renvoyait à l'usine pour être
lavées, stérilisées et remplies à nouveau; on utilisait les mêmes bouteilles à
plusieurs reprises. À cette époque, les bouteilles étaient réellement recyclées,
mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.
De mon
temps,
On montait l'escalier à pied : on n'avait pas d'escaliers roulants
dans tous les magasins ou dans les bureaux.
On marchait jusqu'à l'épicerie du
coin aussi. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu'il fallait se déplacer
de deux rues. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement
écologique.
À l'époque,
On lavait les couches de bébé; on ne
connaissait pas les couches jetables.
On faisait sécher les vêtements dehors
sur une corde à linge; pas dans un machine avalant 3000watts à l'heure.
On
utilisait l'énergie éolienne et solaire pour vraiment sécher les
vêtements.
À l'époque,
on recyclait systématiquement les vêtements qui
passaient d'un frère ou d'une soeur à l'autre.
C'est vrai ! on ne
connaissait pas le mouvement écologique
À l'époque,
on n'avait qu'une
TV ou une radio dans la maison; pas une télé dans chaque chambre. Et la
télévision avait un petit écran de la taille d'une boîte de pizza, pas un écran
de la taille de l'État du Texas.
Dans la cuisine,
on s'activait pour
fouetter les préparations culinaires et pour préparer les repas; on ne disposait
pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts
et qui bouffent des watts autant qu'EDF en produit.
Quand on emballait des
éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du
papier journal ou de la ouate, dans des boites ayant déjà servies, pas des
bulles en mousse de polystyrène ou en plastique.
À l'époque,
on
utilisait l'huile de coude pour tondre le gazon; on n'avait pas de tondeuses à
essence autopropulsées ou auto portées.
À l'époque,
on travaillait
physiquement; on n'avait pas besoin d'aller dans un club de gym pour courir sur
des tapis roulants qui fonctionnent à l'électricité.
Mais, vous avez
raison : on ne connaissait pas le mouvement écologique.
À l'époque,
On
buvait de l'eau à la fontaine quand on avait soif; on n'utilisait pas de tasses
ou de bouteilles en plastique à jeter à chaque fois qu'on voulait prendre de
l'eau.
On remplissait les stylos plumes dans une bouteille d'encre au lieu
d'acheter un nouveau stylo; on remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter
le rasoir après chaque rasage.
Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le
mouvement écologique.
À l'époque,
Les gens prenaient le bus, le métro
et les enfants prenaient leur vélo pour se rendre à l'école au lieu d'utiliser
la voiture familiale et maman comme un service de taxi de 24 heures sur
24.
À l'époque,
les enfants gardaient le même cartable durant
plusieurs années, les cahiers continuaient d'une année sur l'autre, les crayons
de couleurs, gommes, taille crayon et autres accessoires duraient tant qu'ils
pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jeter fin juin, de
nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée.
Mais,
c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.
On avait une
prise de courant par pièce, pas une bande multiprise pour alimenter toute la
panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes
d'aujourd'hui.
ALORS NE VIENS PAS M'ENNUYER AVEC TON MOUVEMENT
ÉCOLOGIQUE !
Paroles et traduction de You Raise Me Up
You Raise Me Up (Tu Me Relèves)
When I am down and, oh my soul, so weary.
Quand je vais mal, oh mon âme, si lasse
When troubles come and my heart burdened be.
Quand les problèmes viennent et que mon coeur s'alourdit,
Then, I am still and wait here in the silence,
Alors je suis immobile et j'attends ici en silence,
Until you come and sit awhile with me.
Juste que tu viennes et que tu t'assoies un moment avec moi.
[Chorus] (x2)
[Refrain] (x2)
You raise me up, so I can stand on mountains ;
Tu m'élèves, alors je peux me tenir sur des montagnes.
You raise me up, to walk on stormy seas ;
Tu m'élèves, pour marcher sur des mers déchaînées.
I am strong, when I am on your shoulders ;
Je suis fort, quand je suis sur tes épaules.
You raise me up - to more than I can be.
Tu m'élèves - vers plus que je puisse être
There is no life - no life without its hunger ;
Il n'y a pas de vie- pas de vie sans sa faim
Each restless heart beats so imperfectly ;
Chaque coeur fatigué bat si imparfaitement
But when you come and I am filled with wonder,
Mais lorsque tu viens, je suis remplis d'émerveillement
Sometimes, I think I glimpse eternity.
Quelquefois, je pense apercevoir l'éternité.
[Chorus] (x2)
[Refrain] (x2)
« …Lorsque le Christ ressuscita, ce fut le moment le plus joyeux, le plus auspicieux et le plus magnifique qui soit. La Résurrection du Christ est très symbolique pour Sahaja Yoga. Si le Christ a pu être ressuscité, alors les êtres humains peuvent aussi être ressuscités, car il s’est incarné en tant qu’être humain avec tous ses pouvoirs et il a créé pour nous le chemin de la Résurrection.
…La chose la plus importante, c’est la traversée du chakra de l’Agnya, décrite dans tous les traités spirituels, ou nommée dans les écritures, la porte dorée, qui est comme un couvercle que personne ne peut traverser, tant cette porte de l’Agnya est étroite. Mais le Christ l’a franchie. Sa traversée nous a aidé à ouvrir aujourd’hui votre Agnya. Sans ouvrir cet Agnya, on ne peut pas atteindre le chakra du Sahasrara. Dans votre cas, cela s’est produit si facilement, simplement parce que le Christ a pu endurer toutes ces tortures,ces brutalités et les a dépassées. Je ne connais pas de mot qui exprime combien nous Lui sommes redevables. »
Shri Mataji, Istanbul, Turquie, 19/04/1998
« La résurrection du Christ est un grand message pour nous. Il a vaincu la mort et s'est extrait de ce corps mort avec un autre corps, qui était un corps vivant. Le corps était semblable, mais l’un était mort tandis que l’autre était vivant. Ce n’est pas seulement symbolique, cela s'est réellement produit à l’intérieur. Après tout, c’était un enfant divin, c’était une personne divine. En fait, cela s'est produit à l'intérieur.Ce n'est pas seulement symbolique qu’il soit mort pour ressusciter en quelqu’un d'autre, ou dirait-on, en quelqu’un de vivant.
Pour lui, qu’est-ce que la mort? Pour les êtres éternels, il n'y a pas de mort, elle n’existe pas pour quelqu’un d'éternel. Il peut avoir l'air d'être mort pour un certain temps, mais il ne peut jamais mourir. Le Christ était ainsi, c'était une incarnation vraiment très spéciale qui est venue sur cette terre pour renaître d'entre les morts. Or, quand nous ne sommes pas encore Réalisés, quand nous ne sommes pas encore Illuminés, nous sommes aussi morts, dans le sens où notre conscience est très - Je dirais qu'elle est absolument engourdie et morte. On voit des fleurs, des visages, des bâtiments, des villes, on peut voir toutes ces choses. Nous voyons toutes ces choses et pensons en être bien conscients, ce qui n'est pas le cas.
La vraie conscience nous vient lorsque nous dépassons les limites de notre mental, lorsque nous allons au-delà du mental et cela n’a été rendu possible que par la résurrection du Christ. Il ressuscita car il était quelqu’un de divin. Mais nous aussi sommes également ressuscités parce que nous sommes bénis par le Divin. Or notre mental...est contrôlé par Shri Jésus-Christ. Il contrôle les côtés gauche et droit par le chakra de l'Agnya. Il contrôle vos conditionnements et votre ego et vous apporte l’équilibre. »
Réflexions sur le bon usage des études scolaires en vue de l'Amour de Dieu (Reflections on the good usage of school studies in view of the Love of God), Weil expands on her idea of attention as the doorway to God.
La prière est faite d'attention. C'est l'orientation vers Dieu de toute l'attention dont l'âme est capable. La qualité de l'attention est pour beaucoup dans la qualité de la prière. La chaleur du coeur ne peut pas y suppléer.
Seule la partie la plus haute de l'attention entre en contact avec Dieu, quand la prière est assez intense et pure pour qu'un tel contact s'établisse ; mais toute l'attention est tournée vers Dieu.
Bien qu'aujourd'hui on semble l'ignorer, la formation de la faculté d'attention est le but véritable et presque l'unique intérêt des études. La plupart des exercices scolaires ont aussi un certain intérêt intrinsèque ; mais cet intérêt est secondaire. Tous les exercices qui font vraiment appel au pouvoir d'attention sont intéressants au même titre et presque également.
Jamais, en aucun cas, aucun effort d'attention véritable n'est perdu. Toujours il est pleinement efficace spirituellement, et par suite aussi, par surcroît, sur le plan inférieur de l'intelligence, car toute lumière spirituelle éclaire l'intelligence.
Si on cherche avec une véritable attention la solution d'un problème de géométrie, et si, au bout d'une heure, on n'est pas plus avancé qu'en commençant, on a néanmoins avancé, durant chaque minute de cette heure, dans une autre dimension plus mystérieuse. Sans qu'on le sente, sans qu'on le sache, cet effort en apparence stérile et sans fruit a mis plus de lumière dans l'âme. Le fruit se retrouvera un jour, plus tard, dans la prière... cela est certain, cela ne fait aucun doute.
Les certitudes de cette espèce sont expérimentales. Mais si l'on n'y croit pas avant de les avoir éprouvées, si du moins on ne se conduit pas comme si on y croyait, on ne fera jamais l'expérience qui donne accès à de telles certitudes.
Il y a là une espèce de contradiction. Il en est ainsi, à partir d'un certain niveau, pour toutes les connaissances utiles au progrès spirituel. Si on ne les adopte pas comme règle de conduite avant de les avoir vérifiées, si on n'y reste pas attaché pendant longtemps seulement par la foi, une foi d'abord ténébreuse et sans lumière, on ne les transformera jamais en certitudes. La foi est la condition indispensable.
Certitudes of this kind are arrived at by experience. But if one doesn't believe them before experiencing them, if at least one does not act as if one believed them, one will never undergo the experience that gives access to such certitudes.
Le meilleur soutien de la foi est la garantie que si l'on demande à son Père du pain, il ne donne pas des pierres. En dehors même de toute croyance religieuse explicite, toutes les fois qu'un être humain accomplit un effort d'attention avec le seul désir de devenir plus apte à saisir la vérité, il acquiert cette aptitude plus grande, même si son effort n'a produit aucun fruit visible.
Un conte esquimau explique ainsi l'origine de la lumière : "Le corbeau qui dans la nuit éternelle ne pouvait pas trouver de nourriture, désira la lumière,et la terre s'éclaira." S'il y a vraiment désir, si l'objet du désir est vraiment la lumière, le désir de lumière produit la lumière.
Il y a vraiment désir quand il y a effort d'attention. C'est vraiment la lumière qui est désirée si tout autre mobile est absent. Quand même les efforts d'attention resteraient en apparence stériles pendant des années, un jour une lumière exactement proportionnelle à ces efforts inondera l'âme.
La volonté, celle qui au besoin fait serrer les dents et supporter la souffrance, est l'arme principale de l'apprenti dans le travail manuel. Mais contrairement à ce que l'on croit d'ordinaire, elle n'a presque aucune place dans l'étude.
L'intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu'il y ait désir, il faut qu'il y ait plaisir et joie. L'intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d'apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs.
C'est ce rôle du désir dans l'étude qui permet d'en faire une préparation à la vie spirituelle. Car le désir, orienté vers Dieu, est la seule force capable de faire monter l'âme. Ou plutôt c'est Dieu seul qui vient saisir l'âme et la lève, mais le désir seul oblige Dieu à descendre. Il ne vient qu'à ceux qui lui demandent de venir ; et ceux qui demandent souvent, longtemps, ardemment, il ne peut pas s'empêcher de descendre vers eux.
L'attention est un effort, le plus grand des efforts peut-être, mais c'est un effort négatif. par lui-même il ne comporte pas la fatigue. Quand la fatigue se fait sentir, l'attention n'est presque plus possible, à moins qu'on soit déjà bien exercé ; il vaut mieux alors s'abandonner, chercher une détente, puis un peu plus tard recommencer, se déprendre et se reprendre comme on inspire et expire.
Il y a quelque chose dans notre âme qui répugne à la véritable attention beaucoup plus violemment que la chair ne répugne à la fatigue. Ce quelque chose est beaucoup plus proche du mal que la chair. C'est pourquoi, toutes les fois qu'on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi. Si on fait attention avec cette intention, un quart d'heure d'attention vaut beaucoup de bonnes oeuvres.
L'attention consiste à suspendre sa pensée, à la laisser disponible, vide et pénétrable à l'objet, à maintenir en soi-même à proximité de la pensée, mais à un niveau inférieur et sans contact avec elle, les diverses connaissances acquises qu'on est forcé d'utiliser. La pensée doit être, à toutes les pensées particulières et déjà formées, comme un homme sur une montagne qui, regardant devant lui, aperçoit en même temps sous lui, mais sans les regarder, beaucoup de forêts et de plaines. Et surtout, la pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l'objet qui va y pénétrer.
Tous les contre-sens dans les versions, toutes les absurdités dans la solution des problèmes de géométrie, toutes les gaucheries du style et toutes les défectuosités de l'enchaînement des idées dans les devoirs de français, tout cela vient de ce que la pensée s'est précipitée hâtivement sur quelque chose, et étant ainsi prématurément remplie n'a plus été disponible pour la vérité. La cause est toujours qu'on a voulu être actif ; on a voulu chercher. On peut vérifier cela chaque fois, à chaque faute, si l'on remonte à la racine. Il n'y a pas de meilleur exercice que cette vérification. Car cette vérité est de celles auxquelles on ne peut croire qu'en les éprouvant cent et mille fois. Il en est ainsi de toutes les vérités essentielles.
Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés, mais attendus. Car l'homme ne peut pas les trouver par ses propres forces, et s'il se met à leur recherche, il trouvera à la place des faux biens dont il ne saura pas discerner la fausseté.
La solution d'un problème de géométrie n'est pas en elle-même un bien précieux, mais la même loi s'applique aussi à elle, car elle est l'image d'un bien précieux. Étant un petit fragment de vérité particulière, elle est une image pure de la Vérité unique, éternelle et vivante, cette vérité qui a dit un jour d'une voix humaine : "Je suis la vérité."
Pensé ainsi, tout exercice scolaire ressemble à un sacrement.
Il y a pour chaque exercice scolaire une manière spécifique d'attendre la vérité avec désir et sans se permettre de la chercher. Une manière de faire attention aux données d'un problème de géométrie sans en chercher la solution, aux mots d'un texte latin ou grec sans en chercher le sens, d'attendre, quand on écrit, que le mot juste vienne de lui-même se placer sous la plume en repoussant seulement les mots insuffisants.
... l'analogie entre l'attitude de l'intelligence dans chacun de ces exercices et la situation de l'âme qui, la lampe bien garnie d'huile, attend son époux avec confiance et désir. Que chaque adolescent aimant, pendant qu'il fait une version latine, souhaite devenir par cette version un peu plus proche de l'instant où il sera cet esclave qui, pendant que son maître est à une fête, veille et écoute près de la porte pour ouvrir dès qu'on frappe. Le maître alors installe l'esclave à table et lui sert lui-même à manger.
C'est seulement cette attente, cette attention qui peuvent obliger le maître à un tel excès de tendresse. Quand l'esclave s'est épuisé de fatigue aux champs, le maître à son retour, lui dit : "Prépare mon repas et sers-moi." Et il le traite d'esclave inutile qui fait seulement ce qui lui est commandé.
Certes il faut faire dans le domaine de l'action tout ce qui est commandé, au prix de n'importe quel degré d'effort, de fatigue et de souffrance, car celui qui désobéit n'aime pas. Mais après cela on n'est qu'un esclave inutile. C'est une condition de l'amour, mais elle ne suffit pas.
Ce qui force le maître à se faire l'esclave de son esclave, à l'aimer, ce n'est rien de tout cela ; c'est encore moins une recherche que l'esclave aurait la témérité d'entreprendre de sa propre initiative ; c'est uniquement la veille, l'attente et l'attention.
Ce n'est pas seulement l'amour de Dieu qui a pour substance l'attention. L'amour du prochain dont nous savons que c'est le même amour, est fait de la même substance.
Les malheureux n'ont pas besoin d'autre chose en ce monde que d'hommes capables de faire attention à eux. La capacité de faire attention à un malheureux est chose très rare, très difficile ; c'est presque un miracle. Presque tous ceux qui croient avoir cette capacité ne l'ont pas. La chaleur, l'élan du coeur, la pitié n'y suffisent pas.
Dans la première légende du Graal, il est dit que le Graal, pierre miraculeuse qui a la vertu de l'hostie consacrée rassasie toute faim, appartient à quiconque dira le premier au gardien de la pierre, roi aux trois quarts paralysé par la plus douloureuse blessure : "Quel est ton tourment ?".
La plénitude de l'amour du prochain, c'est simplement d'être capable de lui demander "Quel est ton tourment ?". C'est savoir que le malheureux existe, non pas comme unité dans une collection, non pas comme un exemplaire de la catégorie sociale étiquetée "malheureux", mais en tant qu'homme, exactement semblable à nous, qui a été un jour frappé et marqué d'une marque inimitable par le malheur. Pour cela il est suffisant, mais indispensable, de savoir poser sur lui un certain regard.
Ce regard est d'abord un regard attentif, où l'âme se vide de tout contenu propre pour recevoir en elle-même l'être qu'elle regarde tel qu'il est, dans toute sa vérité. Seul en est capable celui qui est capable d'attention.